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Berlin - le 23è sera le bon

Courses

(en attendant davantage de photos voici le texte)

Je courrai Berlin quand je serai rapide. C’est ce que je me disais toujours. Sauf que j’ai dû me rendre à l’évidence qu’entre mon travail très prenant et mes autres activités je ne serais jamais rapide.

Je me suis inscrite à Berlin pendant ces fameux 3h40 pendant lesquelles les dossards sont partis comme des petits pains  - un grand merci à mon amie Sonja qui m’en avait prévenu pendant la nuit où je trainais sur internet pendant j’allaité mon bébé qui n’avait que quelques semaines.

Et pourquoi pas : faire les deux B (Boston et Berlin) la même année, en avril et en septembre – c’est plutôt équilibré – sauf que dans mon cas un accouchement par césarienne d’urgence venait un peu  compliquer la situation. Le fait que je n’ai pas pu terminer Boston dans les bonnes conditions et que j’ai dû me rattraper quinze jours plus tard au marathon de Sénart pour me qualifier aux Championnats de France de Marathon ont nécessité une période de récupération un peu plus longue. Pour être dans des bonnes conditions j’ai choisi un programme style Hanson (je dis « style » parce que je l’ai évidemment du modifier pour que ça colle avec ma logistique de jeune maman qui bosse un peu bcp) de 22 semaines débutant au mois de juin. Malgré mon manque de temps chronique j’ai réussie à aligner dans les 80-90km par semaines avec quatre semaines avec 105km de moyenne – tjrs en maintenant au moins deux séances de qualité (VMA/seuil/allure spé). Et tjrs bcp de renforcement musculaire, un peu de vélo etc. Trois 10km courus à vitesse semi-marathon en juillet, aout et en septembre où j’ai chaque fois fait un podium en catégorie ont témoigné de ma progression (48.30/47.15/46.30). Heureusement j’ai pu m’appuyer sur mon équipe de choc Sylvie et Sophie qui m’ont accompagné sur mes entrainements clefs et sur ma crew de suivi Vic & Tiga.

La météo pour Berlin annonce des conditions parfaites : soleil, 8 à 16°, vent d’Est de 15kmh. J’arrive vendredi, passage à l’ancien aéroport Tempelhof où se tient l’expo pour retirer mon dossard. Franchement l’endroit est étonnant et tellement chargé d’histoire que l’on veut bien excuser les organisateurs du manque d’organisation parce que franchement on a vu mieux. Ça manque d’affichage (heureusement d’autres coureurs nous guident) et même la gestion des flux est ridicule. D’autant plus étonnant que je retrouve Sonja dans tout ce bins.

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On déjeune ensemble et je repars à l’hôtel. Pas d’achats pour moi puisque d’un  il n’y a pas de discount intéressants et de franchement c’est difficile de concurrencer avec ma garde-robe sportive depuis que j’ai découvert InkNBurn.

Petit footing samedi matin jusqu’au Brandenburger Tor lieu de l’arrivée et du départ du marathon où des centaines de coureurs sont déjà rassemblés avec leurs familles pour prendre des photos de souvenirs.  Après quelques photos et un peu de trottinage je procède à des étirements « lights » et quand je lève la tête je vois un visage connu. Je n’en reviens pas : c’est personne d’autre que Haile Gebreselassie. Le Haile ! Il est incognito, parmi les touristes avec son manager, en jeans. Très surprise je dis « hi » ! et il rigole et dit « hi ». Ahhhh….

Dimanche matin, puisque je loge très près du départ je ne sors de l’hotel que vers 7h50, une heure devrait suffire pour franchir les 400m qui me séparent de l’entrée des sas. L’entrée dans la zone de départ est très fluide malgré le contrôle des dossards et des bracelets que les athlètes portent depuis l’expo.

 C’est très étonnant : il y a relativement peu d’athlètes dans la zone de départ (sachant que l’on est censé être 41000 inscrits), littéralement pas d’attentes pour les WCs et aucun souci pour circuler jusqu’à l’entrée de nos sas. Puisqu’il est relativement tôt et il n’y a pas d’attente pour rentrer dans mon sas je m’avance un peu et observe le départ des fauteuils. Il y en a 80, et leur départ est aussi mis en scène comme le sera le notre vingt-cinq minutes plus tard. Très belle cérémonie.

Je me rends ensuite dans mon sas, pas de contrôle de dossard, ça expliquera pleines de choses pour la suite. L’ambiance est bonne, on sent la tension, bcp de coureurs viennent à Berlin pour faire un temps et partent très vite pour ralentir une fois rentrée dans le mur. De mon côté mon plan est clair : faire mieux qu’à Francfort en 2010 (3h35) tout en partant comme d’hab à deux à l’heure pour éviter le fameux mur. Pas si simple que de battre mon record ça parce les conditions à Francfort avaient été excellentes et le parcours très roulant. Ma seule hantise, les soucis gastriques qui m’ont pourri ma course à Boston ont été écarté : déjà à Sénart je n’ai pas eu de problème, ça a du être le froid mélangé au décalage horaire et le stress.

Le départ est donné par Haile G mais je n’ose pas regarder en haut pour le voir sur l’estrade : il y a trop de monde qui grouille autour de moi, effectivement on est 41000 à prendre le départ et même si la rue du 17 juin est une artère très large le cortège a du mal à se mettre en marche. Un peu comme un mille patte qui boite sur un tiers de ses pattes.

Ma partie du mille patte atteint vite le rondpoint avec la Siegesäule (a colonne de la Victoire) qui brille dans un magnifique soleil. Il fait encore très frais et j’ai déjà enlevé tous mes sur t-shirts et autres vêtements. Heureusement j’ai gardé mes petits gants pour me réchauffer. La foule des coureurs est accueillie dès les premiers mètres par un public relativement dense et très bruyants. Plus de 80 groupes de musique sont repartis sur le parcours. L’ambiance est chaleureuse et festive dès le début. Je me concentre sur mon rythme, je vise 5’02’’ au kilomètre. Je fais confiance à la calibration de mon footpod surtout que je vérifie à chaque kilomètre, zéro d’écart par rapport à mon allure cible. Je passe le 5è en 25’08 ‘’ Tip top. De toute manière je n’ai jamais eu du mal à tenir mon cap et mon rythme. Faute de compagnie humaine je suis accompagné par mon fidèle ami le shuffle, courir une course en musique me donne tjrs l’impression d’être dans un clip vidéo.

La foule reste très dense et il y a bcp de coureurs bien plus lents devant moi – j’évite de slalomer et en même temps j’ai envie de doubler. Je trouve un peu plus d’espace vers les côtés de la route mais ça reste une belle galère. On traverse le quartier de Moabit ensuite on revient vers Berlin Mitte et on passe au-dessus de la Spree très près de la zone d’arrivée. Jusqu’à maintenant ça a été quasiment plat. J’avance tranquillou, les coussinets de mes pieds me font un peu mal, va falloir changer mes semelles bientôt.

Ah non, vers le 7è km mon ventre commence à se remuer, pff, non, non, non…j’essaie de l’ignorer au départ mais dois me rendre à l’évidence – je vais devoir m’arrêter car c’est la diarrhée. Bon, je rassemble les neurones qui ne sont pas occupés par la course et après une rapide réunion de crise le plan B est établie : arrêt rapide et repartir aussi vite que possible. Mais où sont les WCs ? J’en avait vu au 5è mais depuis ? Je vois des hommes s’arrêter aux arbres mais franchement c’est une option que je ne souhaite pas prendre. Le 8è, le 9è kms défilent, je reste parfaitement dans les temps. Le 10è en 50’18. Bien. Mais tjrs pas de WC. Et là ça devient urgent et pénible. On traverse l’Alex, le fameux Alexanderplatz à l’Est de la ville avec son énorme tour. Bcp de monde nous y attend, donc même pas la peine de croire pouvoir se cacher derrière un buisson. On a croisé deux ravitos depuis le 7è km mais pas un seul WC. Le gag. Enfin, vers la fin d’Alexanderplatz, derrières les tentes de la Croix Rouge j’aperçois enfin cinq WCs roses. Ouf. On est environ douze à se jeter dessus, et elles sont déjà occupées. Je dois attendre deux autres coureurs avant que ça soit mon tour. Et le temps tourne. Tant pis, je reste zen il n’y a rien à faire, repartir pour chercher les WCs à perpet serait idiot. Zen, et concentrée. Je perds en tout un peu plus que deux minutes par cette épisode fâcheuse avant de retourner dans le flux des coureurs. Pff, et je me retrouve derrière ceux que je venais de doubler sur les dix premiers kilomètres. Maintenant bien chauffée et un peu reposée j’accelère un peu le rythme et passe au 15km en 1h16.

Léger faux plat montant vers le semi, nous sommes dans le quartier de Neukölln et ça ralentit déjà un peu devant moi. La foule des coureurs est très dense parce que le public se presse des deux côtés du parcours ne nous laissant que deux voies à certains endroits. Il faut rester très concentré parce que bcp d’athlètes manquent pas seulement d’étiquette mais pire encore sont complètement inconscient du danger que leur comportement peu prudent fait courir aux autres. D’autres affichent tout simplement une attitude inacceptable – j’ai reçu des nombreux coups de coups et coups dans le dos par des mecs que j’ai osé doubler et pareil pour mon amie Sonja. Quels cons ! Premier ravito au 13è kilomètres – et hop je l’ai raté, les tables étaient bcp trop courtes et seulement d’un seul côté de la route. Ben flute alors. J’ai plus de chance au 17è, par contre on est tellement nombreux à se grouiller autour de ces quelques 15m de table pour de l’eau que je dois carrément m’arrêter, boire et repartir doucement pour éviter les carambolages. Ca tranche net avec mes trois derniers marathons (Sénart, Boston, Francfort) où les bénévoles nous tendaient les gobelets et où on peut se ravitailler en ralentissant à peine. Pffff.

Le Semi est franchi en 1h46’54’’, je me sens encore très fraiche par contre je sens la foule autour de moi ralentir un peu et d’autres doubler par derrière, ça crée pas mal de frictions. C’est comme un long faux plat vers le 30è et ça semble achever ceux qui sont partis trop vite. Pour éviter la déshydratation suite à mon épisode diarrhéique et accompagner mes gels/ »sucrettes » je m’arrête encore trois fois pour prendre de l’eau avant le passage du 30è, et chaque fois c’est le zoo total. Quelle galère. Au moins j’arrive au 30è en pleine forme : mes jambes sont de bonne humeur, les coussinets de mes pieds se taisent et le reste du corps est au service de la course. Mon ventre s’est calmé. Parfait, je passe le 30è en 2h32’ et m’aperçoit malgré toutes ces péripéties je reste tjrs en route pour mon Plan A : battre mon record. Suffit de se concentrer. Sur le tronçon du 30è au 35è je mettrai 25’26 ‘’ : c’est un morceau assez sympa du parcours qui finit sur le Ku’damm.

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Depuis le semi le public reste très présent, l’ambiance est au beau fixe. Le vent s’est levé et malheureusement il est relativement fort et de face. Pff. Je n’aime pas ça. Je suis trop grande pour savoir correctement courir contre le vent surtout vers la fin d’une course. La déshydratation fait aussi se sentir et je sens des vertiges monter. Il ne reste que sept kilomètres et je suis encore dans les temps pour mon record. Même si je galère vraiment enter le vent et les vertiges le 40è km est franchi 26’11’’plus tard. J’ai réussi à minimiser la casse. Ouf. Sprint final, et à partir du 40è on a aussi le vent dans le dos. Le passage sur l’avenue « Unter den Linden » menant à la « Pariser Platz » est tout simplement gigantesque – c’est le moment dont tout le monde rêvait : les applaudissements des dizaines de milliers de spectateurs accompagnent les coureurs lors du passage sous la porte de Brandenbourg et sur les derniers pas vers l’arrivée. Ca y est, en brut je suis en ligne avec mon meilleur chrono de réalisé à Francfort en 2010 (parcours et conditions plus rapide),  avec 3h33 en net je bats mon record.

L’arrivée est bien organisée, peu de bouchons pour recevoir nos médailles, nos bâches jaunes, faire les photos de victoire, rendre la puce et récupérer le diplôme avec les temps intermédiaires.

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Je dois contourner la Pariser Platz pour rentrer à mon hôtel. Les flux des coureurs arrivant est encore plus dense que tout à l’heure – tout le monde à l’air si heureux de franchir la porte de Brandebourg… 



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  • Bambi le
    merci merci
  • Helder le
    Bravo Bambi! Battre son record personnel malgré un “arrêt au stand” il faut le faire ;-)

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