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BQ !!! Nice-Cannes.v2

Courses


Fin septembre je me décide de ne pas annuler mon dossard pour le Marathon Nice Cannes cinq semaines plus tard : J’irai, avec zéro entraînement spécifique, juste quelques sorties « longues » d’une vingtaine de kilomètres dont deux après des compéts de 10km qui occupent mon esprit et surtout mon entraînement depuis le mois de juillet. L’idée c’est de parcourir les 42 bornes pour gagner mon ticket qualificatif pour Boston 2011 & 12 (il n’y a que trois courses en France qui sont qualificatives).

 

Arrivée jeudi soir je retire mon dossard vendredi matin (bien organisé comme d’hab chez Azur Sport), on déjeune sur une terrasse sur la cours Saleya et je rentre en empruntant au plus près le parcours histoire de voir les modifications : rajout d’une boucle plate juste après le St Laurent dans un  quartier pavillonnaire. Sympa. Un drôle d’aller retour plat derrière la Marina Baie des Anges et une entrée plus directe et donc bien plus sympa à Cannes  Grosse déception par contre par rapport à la double bosse du Cap d’Antibes ; elle reste. Malgré la pub sur le site internet le parcours ne sera donc trjs vraiment pas roulant.

 

 

Tant pis mon seul et unique objectif sera de finir dans les 3h45min59sec nécessaires pour un BQ (Boston Qualifier) pour les femmes entre 35 et 39. Et sans entraînement spé il serait suicidaire de tenter mieux au risque de perdre le tout. Déjà là c’est un peu n’importe quoi me disent les puristes.

 

Je compense le manque d’entraînement par une hygiène de vie exemplaire les deux semaines avant la course : au moins sept heures de sommeil par nuit. Enorme !!

 

Vendredi soir un dîner bien sympathique avec les Ms (Loic et Chrystellem) et les Slo (Fleur et JoeOne), Tiga nous manque : il a du resté bosser à Paris.

Samedi repos, je bouquine et prévois km par km ma feuille de route. Avec aussi peu d’entraînement rien doit être laissé au hasard, l’improvisation ne sera pas possible.

 

Dimanche 7h, rdv kikouresque à l’endroit habituel. Une belle brochette de kikoux. C'est juste bambi qui ressemble à un clodo. Vers 7h15 le petit groupe se disperse, certains déposent leurs sacs, d’autres font la queue devant les nombreuses toilettes. Ensuite un petit échauffement, des étirements, je rentre dans mon sas et j’enlève mes nombreuses couches de vieux habits.

 


 

Le bruit de l'hélico signifie que le compte à rebours a été lancé et je revérifie tout : gels, energy tabs, lacets, Suunto, shuffle, casquette. A la main 33ml de boisson d’attente que je vais boire sur les cinq premiers km. J’ai arrêté de boire une heure avant le départ pour éviter la surhydratation et des arrêts techniques en course. La météo est parfaite : 9°C, couvert, mini vent du Nord 1 bft max.

 

Apparemment le départ est donné, ça bouge devant moi (je n’ai rien entendu) et on suit doucement. Je mets un bon moment avant de franchir la ligne de départ et ça bouge toute doucement. On doit avancer à 5min30 max pendant 200m, ensuite 5min20, seulement au bout d’un kilomètre la voie se libère un peu.

 

Je me concentre sur ma foulée, a new day has come dans mon ipod et commence à me forcer à boire. Pour moi le pire d’un marathon est de me ravitailler, déjà la veille je n’ai plus faim (normal après trois jours de malto, de riz et des pâtes) mais pendant c’est le drame, avec l’élévation de ma température corporel suite à l’effort l’hypothalamus signale « plein à craquer ». Tout le long je dois me forcer d’ingurgiter un gel ou un energy tab tous les 5km. Et nous voilà déjà arrivé au 5km devant l’aéroport de Nice en 24min54, ma petite bouteille est vide et jeté dans la grande poubelle, le premier gel avalé et ça continue en longeant le bord de mer. Le km 12 est passé en 1h00min50sec, comme prévu. Le meneur d’allure des 3h30 et sa meute m’ont dépassé il y a longtemps, pas possible de traîner à 12kmh si on veut faire du 3h30 sur ce parcours.

 

Après avoir longé la mer jusqu’à l’entrée de Villeneuve-loubet en traversant St Laurent du Var et Cagnes sur Mer on rentre dans la petite rue résidentielle, un aller retour rapide jusqu’à l’A8 (hmm ça sent bon l’autoroute), je suis étonnée de voir autant de gens dans leurs jardins, sur leurs balcons pour nous encourager – il n’est que 9h un dimanche matin et en plus il fait pas beau, glacial pour les locaux. C’est sympa de voir autant d’enthousiasme pour nous, les athlètes de bas niveaux que Lorraine Millot traite si gentiment de gros culs 

 

Le km 15, que je passe en 1h16min33 se trouve à l’intérieur d’un drôle de zig zag derrière la Marina Baie des Anges. Rien de bien grave, ça a été très plat jusqu’à maintenant. Mon cardio reste sagement autour de 165/7, de l’endurance pure. Dernière ligne droite avant les galères : on rentre dans Antibes et je franchis le semi en 1h48. Jusqu’à là je me suis retenu et me suis fait doubler, très énervant mais comme d’hab ça paiera. Première bosse, on monte dans la vieille ville d’Antibes, même sans soleil le panorama est tout simplement à couper le souffle, ça doit être la cinq- centième fois que j’aperçois cette vue et elle me scotche, encore une fois. De loin, à l’est on voit la Prom où a eu lieu le départ, à l’ouest le Cap d’Antibes, notre prochaine étape. Entre le deux il y a juste du bleu, jusqu’à l’horizon. Tout cela contre la jolie façade du vieil Antibes.

 

On redescend et c’est enfin parti pour le long faux plat montant vers le Cap d’Antibes. Et c’est là où c’est moi qui commence à doubler puisque je tiens tout simplement la même vitesse constante (normale, c’est mon allure sortie longue). Une ambulance passe, j’espère que c’est rien de grave.

 

Comme l’année dernière personne au Cap d’Antibes, on doit sentir trop mauvais pour les gens qui résident ici ou tout simplement ne pas correspondre à leur vision du monde. Dans mes oreilles l’autre qui chante je marche seul, et oui, comme d’hab je suis toute seule sur ma route, pas de lièvre, pas d’accompagnateur. Ma course, ma ballade.

 

Km 27, on tourne à gauche, à droite et hop la première des deux bosses, je prends de l’eau, essaie de forcer mon gel à la caféine (pour être au top post le 30ème) et marche quelques dizaines de mètres : Bambi boude la double bosse, franchement elle me fait tjrs autant rager qu’en 2008. pffffffff. On tourne à droite, redescend pour tourner à gauche pour remonter jusqu’au point culminant.

 

Je continue à doubler dans la montée. Finalement le km28, le dernier tiers commence et je mets les gaz en slalomant autour de ceux qui pansent leurs plaies, s’étirent leurs crampes et  sont à plat. Je me sens fraîche et léger, mes jambes galopent toute seules. Mon cardio est de 165 et je suis contente car je vois déjà la Pointe Croisette au bout de la baie. Et très loin à l’horizon je crois apercevoir Heartbreak Hill. Comme prévu je laisse dérouler, un peu plus de monde au bord de la route vers Juan le Pin, le km 30 est franchit en 2h36, les dernier 9 km ont été parcouru à l’allure 5h20 un peu plus rapidement que prévu. Il me reste 70 pour franchir les derniers 12km. Je me force de ne pas me laisser envahir par ce « in the pocket » sentiment mais je jubile intérieurement. Pas malin, mais humain.

 

Loin devant moi les îles de Lerins. C’est plat jusqu’au 35km, j’en profite malgré le vent de face (on va vers les terre). Et comme d’habitude j’arrive à perdre pied dans le seul trou qui se trouve entre Nice et Cannes, ça me rappelle que je ne sais vraiment pas courir et énormément de chemin sera devant moi avant que je sois capable de faire des perfs potables.

 

Nous rentrons dans Juan le Pin et comme l’année dernière la foule est dense. On est applaudi comme des rock stars et ça fait un bien fou. Je high five deux gamines et continue mon chemin vers la dernière bosse qui se trouve au 35ème, suivie par une succession de montées et descentes.

Cet endroit est pénible, casse patte. Il y a bcp de casse, ça ralentit, ça boite. Je double, tranquillou. Mais heureusement quelques gentils supporteurs sont venus à notre rencontre au milieu de ce nomansland au dessus de la voie des chemins de fer et puisque le flux des coureurs est peu dense ils trouvent le temps de nous appeler par nos prénoms (qui sont marqués sur notre dossard). Je leur remercie pour autant d’enthousiasme et de gentillesse.

 

Le km défile tjrs très vite au-delà du 35ème, heureusement il suffit d’accélérer pour que ça se finisse plus vite, hein ?! On rentre dans Cannes, dernier virage à droite, une descente rapide et revoilà le bord de mer.

 

Les îles de Lerins sont maintenant devant moi, un dernier regard vers l’Est : le Cap d’Antibes parait si loin déjà. Km 38.5, je connais le chemin par cœur, il fait partie de mon parcours de sortie longue. Mes jambes avancent sagement, le mélange des quatre gels et trois energy tabs et de l’eau tous les 2.5km leur ont plu. Mon estomac par contre essaie de s’échapper par mes oreilles. Je ne vais ne pas pouvoir manger de solide pendant 24 heures (la glace à la vanille ne comptant pas).

 

Dernier virage, on rentre sur le boulevard de la Croisette et c’est juste époustouflant. De loin on voit déjà le bunker – l’arrivée se trouve juste devant le Palais du Festival, suffit de longer la baie et basta ! J’allonge mes pas et profite à fond de l’ambiance. Le parcours est confiné sur la chaussée sud, c’est étroit, entouré par des palmiers des deux cotés qui forment une sorte de tunnel vert. A cela s’ajoute une petite foule des deux cotés du parcours. Wow !!! Le 40è est franchi en 3h29.  Le bruit est énorme et j’entends mon nom tout le temps. Coooooooooooool. Je ralentis pour en profiter.

 

Et là j’aperçois une silhouette connue de loin qui se dirige vers moi, JoeOne, super ultra traileur! Quelle heureuse surprise. Il fait les derniers mètres avec moi, préviens Fleur qui guette plus loin avec l’appareil photo de notre arrivée et hop une jolie photo est faite ; redoutablement efficace la machine Slo !

 

Apparemment Laurent, MisterJoe et le Solitaire sont déjà passés. On continue notre chemin, j’accélère un peu pour la forme (je sais que je serai à Hopkington le 18 avril 2011) et je finis les derniers mètres toute seule. 3h40. Quelle blague.

 

Apparemment je dois avoir une tronche de  zombie puisque un jeune pompier se jette sur moi. Je lui explique que tout va bien et poursuis mon chemin ; la puce est vite enlevée, on procède rapidement. C’est bien fluide pour une arrivée de marathon. Vraiment tip top cette organisation, absolument nickel.Le t-shirt est mimi, la médaille jolie, faut juste aimer le piiiiiiiiink.

 

 

Je tombe sur Laurent05 qui est aux anges. Il a pulvérisé son record en améliorant de 16 minutes son chrono de 2008. Super. Ceci dit, ceux qui ont pu le suivre sur Facebook ont vu qu’ il n’a pas arrêté. Succès bien mérité. On se donne rdv pour la Prom dans deux mois.

 

Je sors de l’enclos coureurs et revois les Slo, on papote un peu - comme pour Laurent on se reverra le 9 janvier, on a nos habitudes, des bonnes habitudes.

 

Il commence à faire froid, je n’ai rien d’autre que mon petit maillot vert – mes affaires sont avec ceux qui m’attendent. Je file et repars pour Paris le soir-même. Contrat rempli.

Boston 2011 me revoilà, un BQ tout en endurance !

 

Maintenant je peux retourner à mes courtes distances en toute tranquillité. Prochaine étape : PromClassic de Nice.

(je rajouterai des photos et données au fur et à mesure)

 

 

 



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  • jérome le
    bravo pour ta course et ton récit. On est assis dans ta poche avec Garfield pour se ballader au bord de la mer et en appercevant au loin la ligne de départ de ce marathon de Boston 2011… Jérome
  • Bambi le
    merci Sylvie, comme toi j’ai su être patiente au départ à très bientôt !! N
  • Sydoky le
    Bravo pour ta gestion de course  surtout avec un deuxième semi plus difficile
  • Thierry le
    Bravo pour cette gestion, ce n’était pas évident sans prépa spécifique mais tu t’en est plus que bien tirée ! Bises du Lutin
  • mysterjoe le
    bravo pour ton chrono, je suis content pour ta qualif pour boston, un peu déçu de pas t’avoir vu à l’arrivée on avais pas beaucoup d’écart, merci pour ton récit ou j’ai retrouvé la course


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