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Ecotrail le retour

(il y aura bientôt quelques photos)

Après avoir consacré 2016 à la piste et aux distances courtes j’ai repris un entrainement plus habituel début janvier. L’idée est de faire un voir deux marathons à l’automne et quelques courses  tests au printemps. Or les nombreuses annulations de courses (parfois à la dernière minute) rendent la programmation des compets quasiment impossible. Je m’inscris alors à un certain nombre de courses nature en région parisienne dont l’Ecotrail tout en maintenant mon entrainement typé route/marathon pour des raisons de faisabilité.


Comme en 2011 j’opte pour la petite distance le long n’étant vraiment pas mon truc. En 2011 c’était 56km et là on nous annonce 45km. La semaine avant la course a vu une météo très printanière qui a permis aux chemins de sécher, le jour de la course par contre nous rappelle que nous sommes toujours en hiver : vent glacial en fortes rafales, un petit crachin et une couverture nuageuse très dense. Je mets un teeshirt manches longues doublé par un teeshirt manches courtes, un corsaire court peu épais et une casquette légère. Je décide à la dernière seconde de ne pas prendre ni de K-Way ni de gilet supplémentaire. Je hais d’avoir quoi que ce soit dans mon sac à dos autre que mon litre d’H2O, mes morceaux de malto, mes gels, ma couverture de survie, des lentilles de contact et quelques pansements.


Le départ est donné près de chez moi, le nain et son père me déposent et repartent vite et la course part à l’heure. Je pars doucement, comme d’habitude, pas la peine de se presser. Le tour du canal est fait avec une moyenne de 5’20, Jean m’accompagne sur quelques centaines de mètres en vélo, il est passé par hasard et on papote un peu. Toujours très sympa ces rencontres en course d’autant plus qu’à partir de la sortie du Parc je serai toute seule et personne ne m’attendra à l’arrivée.

Pour me distraire je commence à grignoter mon premier gel, je me ravitaillerai tous les 5km environ, religieusement. Le terrain continue à être facile et roulant avec quelques montées faciles et des descentes peu techniques, un regard rapide sur ma montre m’indique que les 13 premiers km ont été parcourus à une moyenne de 5’28. Je sais que les prochains 32km seront nettement moins roulant et je suis prête à affronter les coteaux malgré le fait que je n’ai pas fait une seule, mais même pas une toute petite séance de côtes. J’espère que mes single squats (et autres exercices de renfo) quotidien vont suffire.

Je prie aussi que mes petites (je chausse du 39) Mizuno Elixyr, routières très légères sans accroche feront l’affaire. En 2011 c’était suffisant mais le sol était bien plus sec encore. Bien de paris de pris, tous calculés et prévus.

Le seul truc que je n’ai pas prévu c’est qu’il faut s’arrêter aux feux rouges ! Non nous n’avons pas la priorité, le code de la route s’applique, d’ailleurs ils l’ont bien souligné lors du briefing.  Boum, dès le 13è km le feu tourne au rouge. Les premiers de notre petit groupe arrivent à se sauver de l’autre côté de la route avant que les bénévoles nous arrêtent. Dommage qu’il n’y ait pas de photos de nos têtes ahuries – voyant les autres s’éloigner de l’autre côté de la route. Je vivrai le même scénario quatre fois, quatre fois une à deux voir deux et demie minutes dans le cas de Chaville de perdues sur celles que je comptais doubler à la fin…merdum, j’aurais dû partir plus agressivement. Ma stratégie habituelle de ramasser la concurrence sur le dernier quart n’est pas la bonne. En même temps c’est compréhensible que l’organisation ne peut pas couper la circulation dans tous le ouest parisien pendant dix heures un samedi. Et se faire écraser serait idiot.

 


La partie du milieu (7ème  au 30ème) est nettement plus vallonnée avec pas mal de descentes caillouteuses (ben il me faut toujours une excuse, hein !) et franchement c’est assez bof. Surtout la mauvaise météo empêche les spectateurs de sortir et on ne voit littéralement personne sur notre parcours à part les gentils bénévoles qui bravent la tempête. L’ambiance parmi les coureurs est plus sombre, on parle peu, une seule petite blague au 32è km – tout le monde semble avoir envie d’en finir vite, très vite et le fun a du mal à s’installer. Dès le 15è, juste après une grosse montée il y a une petite voix qui dit : purée encore 30km ! J’ordonne à la petite voix de se taire illico presto, d’ailleurs c’est 10km jusqu’au ravito de Chaville et puis basta. Le ravito nous amène sur le lieu du cross de Chaville, endroit que je connais bien.

Mais quel choc : en 2011 ça buzzait de monde, on aurait dit une ruche, bcp de proches venus à la rencontre des coureurs pour les soutenir et les assister, là j’avais impression de rentrer sur un cimetière. Très peu de monde. Littéralement personne. Je remplis mon gobelet pliable (génial le truc, si seulement la couleur n’était pas aussi niaise) rapidement une fois, deux fois, trois fois et je pars en courant avec le gobelet plein. Pas le moment de trainer, le km avec le ravito aura été franchi en 7’25. Et pourtant l’eau coulait tout doucement des containers. D’ailleurs j’adore le concept sans gobelet/bouteille jetable. Du coup pas de gobelets dans la forêt. D’ailleurs je n’ai pas vu de déchets par terre. Seul un tube de gel plein que quelqu’un a dû perdre sans le vouloir.

La moitié du dénivelé est concentré dans les quelques six kilomètres suivant  le ravito de Chaville et c’est assez casse patte. Je double environ 110 coureurs (ça ne prend pas en compte les abandons) sur cette partie. Je vois que très peu de femmes, une seule pour être précise est dans mes environ. Je m’en débarrasse une fois pour toute au ravito de St Cloud, pareil un gobelet d’eau, un deuxième pour la route et je trace. 34km en 7’07. Aucune raison de passer plus de temps, personne n’est venu me voir. Au moins au marathon de Wachau j’ai ma boisson perso qui m’attend à chaque ravito.


On voit la Tour Eiffel qui nous attend dans les nuages, l’ambiance parmi les coureurs s’améliore un peu : ouf une blague. Mais personne ne rit. Là on est sur le bitume et ça descend et mes petites routières qui ne m’ont pas trop embêté en forêt accélèrent toutes seules. J’ai qu’à essayer de suivre. Encore pas de femme à l’horizon, je mets ma petite musique et vent dans le dos (euhm de coté) je suis mes pieds direction Tour Eiffel. Je fais en sorte d’avoir bu les dernières gouttes d’eau de mon sac à dos au 40ème km. Cette fois ci je ne serai pas surprise par les escaliers et les dessous de ponts malodorants et les mots accrochés pour les kikoureurs m’amusent. Alors par contre la montée à Meudon est juste pénible et sans femme devant je n’ai pas trop envie de la faire en courant. Juste aucune motivation surtout que j’ai encore attendu devant le feu rouge comme un schtroumpf. J’accélère en descente sur la cote des gardes et guette la statue de la liberté à partir de laquelle on n’aura que 1,5 km à faire. La mauvaise expérience de 2011 avec les 6km bonus au dernier moment m’ont rendu méfiante. Bon là on nous a juste rajouté une mini boucle de 200m (pour éviter de traverser une route, ouf un arrêt feu rouge en moins !). Une fois sur le pont j’accélère et double encore du monde (encore 110 coureurs de passé entre le parc de St Cloud et l’arrivée), en gros un coureur sur deux marche. Je trouve cette partie bien moins pénible qu’en 2011. Perso je manque aussi cruellement de jambes sur cette partie-là, deux mois d’entrainement et trois sorties longues d’à peine 27/29/32 kg ne sont pas suffisante. Je peine, mais vraiment de chez vraiment, à tenir un 5’50 au km. Je n’aurais pas pu faire 11 en plus comme en 2011. Va falloir que je me mettre sérieusement à l’entrainement. Par contre pas du mal dans les côtes, je les franchis plus rapidement que d’autres.


L’arrivée est très anti-climatique, même si il y a enfin (!!!) quelques encouragements, ça aide pour ceux qui voulaient abandonner sur les 600 derniers mètres. Le tee-shirt finisher est vert, trop court et trop large mais tant pis, je le mettrai quand même et après une photo souvenir c’est encore trois gobelets d’eau. Ensuite je papote un peu avec une connaissance et le nain et son papa arrivent pour me ramener à la maison.

J’ai fini en 4h48, 452ème / 1500 arrivants (on ne sait pas combien ont abandonné) et 16ème/101 dans ma catégorie. Clairement déçue puisque mon objectif est de faire top 15%. La prochaine fois je partirai plus vite !! Mais bon vu mon entrainement freestyle ça va quand même comme premiere course > 5km depuis septembre 2015. Prochaine étape : un 3000 m piste dans un mois et ensuite, surprise !!!


Un grand merci à l’organisation et aux bénévoles, une course sans faille, dix années expérience ça se ressent.

Joyeux dizaine anniversaire Ecotrail, t’es un ado maintenant.



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