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Marathon de Wachau

Courses

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Le choix du Marathon de Wachau s’est fait par rapport à sa date. Mi-septembre est idéale pour moi puisqu’une grande partie de mon entrainement s’effectue pendant les vacances d’été et pendant des mois sans voyage professionnel. Cette année ce weekend était même un weekend « double dipper » permettant la qualification à deux marathons de Boston consécutifs (2015 et 2016). Oui le petit marathon de Wachau est certifié AIMS et donc reconnu internationalement pout toutes les qualifs à travers le monde.

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Son beau parcours roulant le long du Danube est également un plus…

 

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Le vent souffle fort à mon arrivée vendredi après-midi à Emmersdorf, ville où se trouve le départ. Il pleut et fait assez frais. Même l’accueil sympathique à l’hôtel Donauhof n’arrivera pas à lever mon moral. Je vais quand même ne pas devoir courir tout un marathon sous cette pluie battante ?! Windguru et la chaine météo ainsi que les services de météo locales semblent penser que si. Je pars quand même à la recherche du clou du départ, et à ma grande surprise il n’y a rien pour indiquer où sera tracée la ligne de départ (elle ne sera d’ailleurs jamais tracée). Je vois un début de commencement de village de départ et une arche enroulé sous quelques barrières, c’est rassurant, il y aura donc quelques chose ici dimanche.

 

Samedi matin je pars à Krems, ville de l’arrivée pour récupérer mon dossard. Je longe le Danube en empruntant le parcours du marathon. Effectivement très plat avec deux faux plat relativement courts. Un tunnel. Plutôt sympa, par contre la tempête continue. Et aussi il y a un souci avec les kilomètres, jusqu’au semi tous les kilomètres sont indiqués plus au moins comme il faut. Alors par contre le semi semble servir d’origine pour la deuxième moitié du marathon. Hmmm, je garde ça dans un coin de ma tête jusqu’au cas où il n’aurait donc vraiment pas d’affichage règlementaire dimanche matin.

Pas mal de monde déjà à l’ouverture de l’exposition à 11h. L’expo n’est pas petite puisque 10000 coureurs sont attendus, pour la plupart sur le semi marathon qui s’élancera au même temps que le marathon et quelques milliers sur le quart de marathon (oui vraiment !) qui partira également dimanche matin. Je trace, pas envie de me fatiguer les jambes, ça va vite, c’est bien organisé. Pas beaucoup d’exposants, il y a Polar, une marque de soda qui produit également de l’eau sucrée qu’elle vend aux sportifs, une ou deux boutiques de running locales et d’autres sponsors.

Pour rentrer à l’hôtel je suis encore une fois le parcours du marathon,  42 km ça reste impressionnant comme distance même quand c’est plat et roulant. L’après-midi est dédié aux dernières préparations ; je fais cuire mon gâteau sport dans les cuisines de l’hôtel (ils sont très étonnés de ma demande mais veulent bien m’accommoder en échange de ma recette). Je prépare également mes bouteilles pour le lendemain, l’organisation permet de déposer nos ravitos perso, c’est chouette car je tiens à ma propre marque d’eau sucrée. La météo ne semble pas s’améliorer.

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Dimanche matin, le petit déj ouvre plus tôt pour les coureurs et je découvre une autre veste du Marathon de Boston 2013, apparemment partout dans le monde où se courent des marathons ces souvenirs se retrouvent.

Vers 9h je sors déposer mes ravitos et observe les nuages. Il fait encore très très gris mais déjà très lourd et j’ai l’impression que ce n’est que de la brume qui remonte. Ça doit être toute l’humidité de la pluie des journées précédentes qui remonte et derrière doit se cacher le soleil. J’ai l’habitude des matinées dans des vallées, j’en ai vécu dans une pendant neuf ans, les microclimats sont très distincts.

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Même si mes deux services météos veulent me convaincre qu’il y aura de la pluie et du mauvais temps je fais confiance à mes observations et ne m’habille que dans le minimum légal. Je crains une véritable fournaise à partir de 11h30.

Apparemment tout le monde fait confiance à la météo officielle, la plupart des coureurs sont habillés comme si ils allaient skier plutôt que trotter 42km. L’une des coureuses habillée comme si elle partait pour un cross au mois de février me souhaite « de devoir utiliser mes lunettes de soleil ».  Ha !! (la pauvre mettra 30 minutes de plus qu’espéré pour terminer dans l’agonie) Effectivement j’ai l’air bizarre dans ma tenue d’été et mes lunettes de soleil sur la ligne de départ où nous ne sommes que 900 marathoniens environs et quelques 200 relayeurs. Le semi marathon est définitivement devenu l’épreuve principale avec plusieurs milliers de coureurs, le marathon est peu peuplé.

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J’observe les autres coureuses sur la ligne, elles sont jeunes, voir très jeunes, je ne vois que très peu de masters féminins. Ben on va tenter le podium de catégorie alors.

Je pars très prudemment, on fait d’abord un aller-retour dans Emmersdorf et certains semblent très pressés. Je me dis que je les retrouverai plus tard, comme habituellement. Dès le départ j’ai du mal à rentrer dans la course, j’ai des mauvaises sensations dès le cinquième km. Le ballon avec les 3h30 passe à 4 :50min/km, c’est trop rapide pour moi surtout que je commence à sentir l’humidité, je passe le premier ravito sans m’arrêter et passe au 10km comme prévu, mais à ce moment-là j’ai déjà compris que ça passera pas. Tant pis, je vais aller au placement et oublier le chrono. Plan C. Ma bouteille m’attend au ravito du 13è km, c’est surtout mentalement confortant de retrouver sa propre eau sucrée.

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Les tables des ravitaillements sont longues et très facilement accessibles, des nombreux bénévoles nous tendent de l’eau, de l’eau sucrée et des solides. Les tables sont bien fournies.

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Au 15 km j’ai déjà 30 secs de retard et me dis « encore 27 km !!». Il commence à faire chaud même si les nuages sont encore épais. Quelque part entre le 15è et le semi ils partiront et au Semi où je passe avec une bonne minute de retard le soleil tape bien fort. Je suis 222è au scratch et 18è F au Semi. C’est au Semi aussi que l’affichage de kilomètres s’ajuste de 100m, pour les marathoniens on aura donc du 21.1km, du 22.1, du 23.1 jusqu’au 42.1 (oui oui) et ensuite le 42.195…heureusement je l’avais compris la veille parce que c’est quand même perturbant si on se base sur tous les kms parcourus pour se calibrer.Wachau47

Le parcours est vraiment très beau avec le Danube (marron pas bleue) à droite au milieu des vignes. On traverse des nombreuses petites villes et villages qui sont toutes plus mignonnes les unes que les autres. Il a une piste cyclable ininterrompue sur chaque rive du Danube et la région est connue pour ses randonnées pédestres et à vélo. Juste avant les vendanges c’est la meilleure période pour visiter le coin. C’est bien pour cela que nous avons beaucoup de public tout au long du parcours qui nous encourage avec bcp d’enthousiasme. Les Autrichiens apportent bcp d’importance au sport, surtout en plein air et je reçois pas mal d’encouragement tout au long du parcours. Les points de ravitaillements sont très nombreux et placés dans les villes donc pas forcement au kilomètres 5/10/15/20/25 etc comme habituellement mais plutôt au KM 5 / KM 9,8 / KM 13,5 / KM 18,1 / KM 21,2 / KM 23,2 / KM 26,8 / KM 30,6 / KM 33,1 / KM 37,5 / KM 40,3. Je me suis marqué ces points sur mon bras pour mieux planifier ma course. Mes propres bouteilles étaient au 13.5/23.3 et 26.8 et ensuite j’ai pris quelques gouttes d’eau au 30.6 et au 33.1 puisqu’on n’avait pas besoin de ralentir pour attraper les gobelets que les bénévoles nous tendaient. Excellente organisation. Un autre plus pour rendre le parcours encore plus rapide.

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Par contre depuis le semi plus personne m’a doublé, d’ailleurs c’est déjà après le 25è km (« que 17 km !! » ) que le carnage généralisé commence. Le soleil à fond, méga humidité qui remonte de partout et un petit vent chaud dans le dos (pas assez fort pour nous pousser) ont transformé la plupart des coureurs en zombies. Je n’ai jamais doublé des athlètes avançant aussi lentement. Sur le deuxième semi je double 101 athlètes dont 9 féminines et un seul relayeur me double. Les coureurs sont très éparpillés, dès que j’en ai doublé un je vise le prochain 100m avant moi et essaie de le dépasser et ensuite le prochain etc. Il m’est difficile de tenir un rythme régulier puisque il n’y a personne qui court à ma vitesse. Le tunnel ne gêne pas particulièrement (enfin de l’ombre) puisqu’il est assez court ; par contre vers le 30è km (où j’ai environ 90 secs sur mon chrono prévus) il y a une drôle de boucle dans un terrain vague (nonon ça reste du bitume mais il y a des nombreux obstacles puisque c’est une zone de travaux).  C’est là où j’observe un coureur monter sur un vélo, je l’envie sincèrement et mémorise son numéro de dossard. Il descend vite du vélo et lui aussi je le double.

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On s’approche de Krems, ville de l’arrivée. Moins de monde sur le côté du parcours (encore une zone de travaux). Je vise le pont à l’horizon puisque je sais qu’il marque le départ de mon sprint final. Encore 3km, dans la ville. Le 40.1km passe très près de la ligne d’arrivée, et on capte l’ambiance déjà mais on nous envoie slalomer entre les Nordic Walkers pour effectuer nos deux derniers kilomètres. Je m’accroche parce que j’ai vraiment envie de terminer – mon avion part à 20h (puisque la grève d’Air France commencera le lendemain matin et mon avion initialement prévu a été annulé). Je dépasse des innombrables marcheurs/coureurs – impossible de les distinguer, sur la dernière ligne droite qui fait plus d’un kilomètre que double encore trois (jeunes) femmes qi font même pas semblant de vouloir défendre leur place. Curieux.9246H

Arrivée sur le tapis bleu sur lequel les athlètes font leur derniers 100m le speaker annonce mon nom mais l’ambiance est bizarrement calme par rapport à l’enthousiasme débordant rencontré sur le parcours. J’apprendrai plus tard qu’un coureur du Semi était décédé peu de temps avant sur la ligne d’arrivée.

Je passe la ligne d’arrivée avec un temps décevant deux minutes de plus que prévu mais surtout un positive split de pratiquement trois minutes -malgrè nouveau record personnel et un BQ-10+ valable pour 2015 et 2016. Par contre je suis plutôt contente coté classement : 9è F, 2è V1F et 121à au scratch. Il n’y a eu que 666 arrivants au marathon avec pas mal d’abandons et un nombre hallucinant de gros positive splits.Wachau 3438

Le village d’arrivée est bien organisé, on me tend de l’eau très rapidement et il y a même des gaufres au Nutella (!!) mais je dois me dépêcher pour rapidement rentrer à l’hôtel et ensuite partir vers l’aéroport.   

A l’hôtel j’apprends que je suis en train de rater ma cérémonie de remise de prix, je suis en fait deuxième de ma catégorie, sniff, j’aurais bien aimé monter sur ce podium-là, merci Air France de m’avoir privé de ce moment unique (des podiums sur marathon je ne vais pas en faire des tonnes dans ma vie).

Et au moment de partir vers Vienne il commence à pleuvoir, la météo a finalement eu raison, à quelques heures près.

En résumé : un parcours super roulant avec deux mini faux plat et une (courte) boucle sur terrain miné, une organisation tip top qui permet d’avoir ses propres ravitaillements sur le parcours, un grand nombre de bénévoles bien rodés qui permettent de passer les ravitos sans ralentir.  Le gros point noir est le faible nombre de coureur, surtout sur la deuxième moitié du parcours on est constamment seul et ça n’aide pas pour tenir le rythme.

 

 

 

 

 

 

 



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