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une autre Prom mais pas la meilleure

Courses

 

Comme (presque) tous les ans retour sur la Prom’Classic qui depuis peu se veut tout modestement le premier 10k de France.  Ah…ça promet.

Après l’avoir couru des nombreuses fois j’appréhende un peu comment la nouvelle formule se présente. Plusieurs changements on était entrepris : le plus important est le départ commun. Avant les femmes partaient 5 minutes avant les hommes qui les rattrapaient. Très sympa et un bon moyen de faire partir plusieurs milliers de coureurs sur une distance aussi rapide, ça coinçait tjrs un peu au 5km mais sans gravité.

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L’organisation a annoncé une participation record. Et la météo a annoncé du vrai beau temps : au réveil il fait zéro avec un soleil sublime, une fois arrivé sur la Prom vers 8h30 il fait encore que 6°…et pas un nuage.

Vers 8h50 je pars faire m’échauffer et vérifier le calibrage de mon footpod. Va falloir se dépêcher car le sas « masse «  se remplira vite. Instinctivement, windsurfeuse dans l’âme je lève la tête, ça souffle un peu (grrrr), les drapeaux me signalent une petite brise NE, on l’aura dans le dos au départ mais de face au retour, ça va nous rafraichir.  4 km de footing, un pitstop sauvage (eh oui, sept toilettes pour sept milles coureurs ne sont pas suffisant et les files d’attente interminables).

Une fois pas coutume je snobe mon ipod et ma casquette, les deux resteront au vestiaire, j’ai envie de courir. Point, pas de musique, pas de clip vidéo. Vers 9h25 je rentre dans le sas (comme au mara de Francfort c’est à la sauvage en montant par la barrière parce que l’entrée officielle du sas des masses est un champ de bataille et ce sas se remplit avec une vitesse monstre) – j’arrive à me faufiler un max.  Ouf.

35 minutes d’attente debout. J’adore ça.   Au moins il ne fait pas froid, on est tellement serré. J’étire avec  bcp de prudence (pour ne pas perdre l’équilibre puisque autour de moi ça sautille dans tous les sens puisque l’échauffement des « masses » a commencé) mes jambes en insistant sur le piriforme qui me chagrine depuis le milieu de la semaine.  Je me trouve à quelques mètres du sas des préférentiels, dans une masse de coureurs assez hétérogène, ça de l’athlète de club qui a l’air plutôt rapide jusqu’au coureurs du dimanche  qui ne sont pas surs de tenir sur 10km. Et tout le monde semble mécontent : les plus rapides parce qu’ils appréhendent le départ lent des coureurs du dimanche et les derniers puisqu’ils craignent de se faire écraser par nous. Ça promet. Je me retourne et la foule derrière moi semble énorme, impossible de voir la fin du sas des masses. Devant on voit bien que le sas des préférentiels est rempli de rapides et de bien moins rapides – je ne veux même pas savoir comment certains ont obtenu ce fameux sésame donnant droit à un départ rapide. Ça me dégoute et je ne suis pas seule.  Au moins j’aurais eu le temps de lacer et relacer et vérifier et revérifier mes lacets, après le bêtisier de Sartrouville plus d’excuses. Au bout de 35 interminables minutes dans cette foule stressée, sous la musique  le bruit de l’échauffement étourdissant on lâche enfin les cordes qui séparent les différents sas et on avance. Moi qui a réussie d’être dans la cinquième rangée des masses se trouvent tjrs à 50 ( !!) mètres du départ. La pression des coureurs derrière me fait rappelle ma jeunesse : les nombreux concerts de rock où l’on ressortait avec des bleus.

Assez tendu comme situation et le moindre incident pourrait finir en cata. Le départ est donné avec une minute de retard. Enfin devant. Nous on bouge pas. Au bout de quatre secondes je peux faire le premier pas. Et ensuite le deuxième. Arrêt net. J’arrive au bout de 30 secondes sur la ligne de départ. Bien. Sauf que dès que je l’ai franchi re-arrêt. Et là c’est pas cool parce que mon compteur tourne. Quelques pas en marchant. On jogge un peu. On ralentit, encore. Bon ben bref, c’est uniquement vers les 100m que je peux courir à 10 km/h.  Et ça se bouscule. Bcp hommes essaient de doubler et poussent les femmes. C’est pénible. J’en ai même vu un tirer une athlète féminine par les cheveux : quel sauvage !! Vers le 300m on commence enfin à pouvoir courir correctement. Je me colle derrière deux athlètes masculins style rugbymen et les suis, ils me serviront comme brise glace jusqu’au 4 km où je les double. J’aurais mis 4min45 sur le premier kilo tout en courant à 4’15’’ sur la partie « dégagée ». Chouette, 30 secondes de perdue grâce à ce départ bordélique. On a le vent dans le dos sur les premiers km, je me cale donc sur du 4’25’’-30’’, la foule reste très très dense jusqu’au 4è km.  Le point de retour qui a tjr été un peu délicat à négocier est carrément dangereux, encore une belle bousculade. Pitié, je veux rentrer en entier. Je suis obligée de ralentir un peu parce que le ravito après le 5e cree bcp de mouvements « latéraux » (purée mais qui va se ravitailler sur un 10 quand il fait 12° ?). Et je re-accelère un peu ensuite et essaie de voir Tiga que je devrais croiser, mais j’ose pas trop d’enlever mes yeux de la route, la circulation étant trop dense, j’ai un athlète à cinq mètre devant moi et un autre qui me colle (doit essayer de se planquer du vent qui nous souffle de face). J’entends un « chouchou », probablement Tiga qui m’a vu passer – impossible de le repérer dans la foule de la voie nord – ils sont complètement tassés, pire que nous devant.

Le point positif dans tout ce galère est que je ralentis tjrs pas, ma foulée reste bien, et même si je sens bien mon piriforme mes jambes sont encore fraiches. Habituellement j’ai du mal à partir du 7è, là je maintiens correctement mon allure à 4’40, contre le vent.  Ça se passe bien de ce coté-là, on va dire que l’entrainement (mix de plan Pfitzinger 18/55 et les fractionnés pour un 10k) paie ses premiers fruits. D’habitude je subis un peu les derniers km d’un 10, là je contrôle. Et même si j’ai peu envie d’accélérer (ça sert à rien vu le retard pris au départ et je préfère garder du jus pour un autre truc qui me trotte) savoir que je le pourrais me rassure. Malgré le vent de face la météo reste parfaite, magnifique soleil, 12° - c’est un plaisir de dérouler sur ce parcours platissime et rapide. Les nuances de bleus entre la mer et le ciel sont délicieuses, surtout si on sait quel temps il fait en région parisienne.  Mon allure me convient et j’aurais pu continuer pendant des kilomètres encore (oui oui je sais, je suis celle qui comprends rien au 10k) mais toutes les bonnes choses ont une fin malheureusement…et la réalité me rattrape via quelques accrochages sur les derniers 500m au sprint.

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Je franchis la ligne en 47’12 au pistolet, avec 46’15’’ sur mon compteur. Probablement il y a une bonne demie minute à retrancher à cela pour les 200m d’accordéon au départ et la prudence qui m’a empêché d’accélérer. On ne saura jamais. Officiellement classée 77/803 femmes ceci ne veut rien dire puisque d’après une amie les dernières ont quitté la zone de départ à 10h15 (!!)  Peu importe, c’est facilement 45 à 60 secondes d’amélioration par rapport à mon dernier 10k (couru dans la chaleur et sur parcours moins roulant).

Je tombe rapidement sur mon ami Laurent, premier commentaire « quel bordel au départ, j’ai perdu facilement trois minutes ». Tiga quand à lui juge son différentiel avec le pistolet à deux minutes - la demie heure qui suit est consacrée à la comparaison des différentiels et complaintes des uns et des autres. Tout le monde est assez remonté et déçu ; ça sert à quoi d’avoir le parcours le plus rapide de France si tout le monde se retrouve avec un chrono m****dique ?

 


La foule dans le sas d’arrivée est encore très dense, la circulation est difficile et les bénévoles font de leur mieux pour nous faire sortir aussi rapidement que possible pour éviter des bouchons.

Il y a aucun doute, tout le monde est déçu que cette magnifique course rapide a été transformée en course de masses hypercommercial pour mitiger le manque à gagner depuis la perte d’un grand sponsor (Nike). 7000 coureurs ça rapporte et tant pis pour ceux qui voulions commencer l’année par une perf.  En sus les sept WC pour 7000 inscrits, c’est le pompom.

 

L’organisation de la Prom a vite réagit et rectifié le tir :

 

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Ouf, je serai de partie en 2013 alors.

 


Entretemps moi je retourne au charbon et prends cap sur Hopkington – le marathon de Boston se courra dans moins de 100 jours et avant j’aurai comme sortie longue et un peu pénible la version medium (55k/1000m D+) de l’Ecotrail fin mars. Et comme entrainement je continue mon hybride « Pfitz 18/55 » avec une séance de VMA court supplémentaire par semaine et mon mix de crosstraining (VTT et rameur) pour ne pas trop souvent dépasser les 90k hébdo à pied au dé-là j’observe des rendements décroissants.  


Et encore un grand merci à toutes et tous qui m’ont accompagné ces derniers douze mois…



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  • le Solitaire le
    Hello Bambi, merci pour ton récit. Ben dis donc, je ne regrette pas d’avoir raté cette Prom d’apès ton récit. Bravo et bon marat
  • Le Lutin d'Ecouves le
    Hello Nina. C’était bien la course dans la boîte à sardines ? Bon, tu ne t’es pas si mal débrouillée finalement. Bonne prépa marathon ! Moi, ce sera à Nantes le 15 avril.
  • Bambi le
    merci pour ton commentaire et à très bientôt

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